Artiste plasticienne autodidacte d'origine roumaine , je vis et travaille à La Rochelle (France).

De mon enfance passée en Roumanie j'ai gardé l'amour des arts populaires : broderies aux motifs géométriques ou floraux des costumes traditionnels, macramés, points de croix et tissages ornant les maisons. Des œuvres populaires pour embellir le quotidien, des travaux répétitifs , reprenant inlassablement des motifs transmis de génération en génération.

 

Cherchant mon propre moyen d'expression, je me suis éprise du papier, ce matériau ancestral d’origine végétale dont la texture et la lumière sont follement poétiques.

Sublimer une matière déjà si belle, n'étant pas chose aisée, j'ai décidée juste de renforcer les atouts naturels de chaque type de papier : la transparence, la fragilité, l'épaisseur et la prise de lumière.

Je travaille le papier avec des outils détournés pour le marquer d'entailles, de trous, d’écailles et de brûlures, faire surgir des formes, des reliefs de son épaisseur, qui captent la lumière et mettent en mouvement les motifs.

Des gestes minutieux, répétitifs, et maîtrisés, souvent au bord de la rupture, une performance lente et silencieuse pour créer des bas reliefs fragiles et délicats. Chaque intervention : trou, écaille, incision, est une décision qui impacte et transforme irréversiblement le support, le mouvement naît et se structure à chaque action. Ces gestes accumulés et réfléchis s’inscrivent dans le savoir faire et le labeur, et sont le lien avec l'artisanat cher à mon enfance. Le papier est métamorphosé en matière texturée, vivante et changeante selon le jeux des ombres et des lumières.

Le regardant est hypnotisé par ces surfaces optiques paradoxales jouant avec les pleins et les vides, le volume et la transparence, le mouvement et immobilité.

Qu’elles soient creux ou bosses, pétales ou vagues, lignes ou cellules, les différentes textures appellent à la caresse, suivre du bout des doigts le bord de entailles et des brûlures, toucher les picots, sentir la forme et s’imprégner de sa réalité.

 

Je mène un travail d'observation, par des vues parfois macroscopiques et d'autres fois microscopiques, de décompositions de la vie, du vécu , en tranche, en molécules, au plus petits éléments, pour comprendre et voir « comment c'est fait ».

Les interactions entre les formes, les mouvements, les textures et les techniques sont toujours au service du maintien d'un équilibre fragile et vital, entre l'humain et la nature.

Chaque contemplation invite à la rêverie et amène l'esprit vers des nouveaux voyages oniriques et méditatifs, doux, voluptueux et apaisants.